Olivier Metzger nous projette dans des lieux indéfinis. À la fois statiques et vibrantes, sombres et pourtant mordantes, ses images contiennent une tension et activent une énigme figée qui restera ainsi, à jamais irrésolue. Au-delà de l’intemporalité de l’image, l’amas de papiers à bord d’une superbe voiture américaine, probablement issue des années 1970, laisse tout à imaginer sur les paradoxes de son conducteur. L’équilibre réside sans doute dans l’écriture du photographe qui guette l’intrigue là où personne d’autre ne peut la voir. À l’égard du MacGuffin d’Hitchcock, c’est ce détail quelconque et anecdotique qui se charge, sous l’œil d’Olivier Metzger, d’une fiction puissante et propice à la narration. Et si certains signes témoignent d’un imaginaire propre à la culture cinématographique, ils n’existent que pour mieux se heurter à d’autres indices contradictoires. Comme plongés dans un rêve éveillé, nous voilà non pas à Hollywood, mais à Brasov, région historique de la Transylvanie, dont l’ambiance « fantastique » n’a rien à envier aux studios artificiels. À l’inverse, si l’ours blanc est mis en avant par une contre-plongée qui le hisse au statut de roi, son univers a de quoi inspirer de la méfiance vis-à-vis de ce que l’on voit ou de ce que l’on croit percevoir. Olivier Metzger brouille les frontières entre le réel et l’irréel, le quotidien et l’imaginaire. Sans être dénué d’une pointe d’humour et d’une tristesse accidentelle, il nous offre la possibilité de parcourir d’image en image le potentiel anormal, exceptionnel et parfois inquiétant de la vie/de l’ordinaire.

Olivier Metzger

Olivier Metzger, Downtown LA, 2017

olivier metzger

Olivier Metzger, Brasov, 2017. © Olivier Metzger

olivier metzger

Olivier Metzger, White Bear in Hambourg, 2017. © Olivier Metzger

©droits cédés à Olivier Metzger

Voir aussi :Wolfgang Tillmans