L’homme et son environnement

 

L’exposition “The Forces Behind The Forms” qui dure jusqu’au 20 novembre 2016 au Kunstmuseum de Thun en Suisse, donne des envies de voyages et l’envie d’évoquer l’artiste talentueux qui y est exposé : Julian Charrière. 

Avec Monument Sedimentation of Floating Worlds (2013), l’artiste franco-suisse Julian Charrière, présente des échantillons de terre provenant des 193 États membres de l’ONU. Des échantillons réexploités et transformés en “papier de verre international” ayant servi à poncer les frontières dessinées sur les 13 globes terrestres de We are astronauts.

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Julien Charrière, We are all astronauts, dates inconnues, photographie provenant de Julian-charrière.net. Crédits Julian Charrière

Une installation dont le titre s’inspire de l’inventeur et écrivain (entre autres) Richard Buckminster Fuller (1895-1983). La géographie des territoires mais aussi la notion d’anthropie, dynamisent le travail de Charrière qui rappelle parfois le Land Art. Comme quand l’artiste attire des pigeons de manière à ce qu’ils forment ensemble des figures géométriques (Digesting Geometry, 2011).

En 2013, il réalise également une performance en Islande nommée The Blue Fossil Entropic Stories et pour laquelle il tente durant 8 h d’escalader au sommet d’icebergs afin de les faire fondre au chalumeau. Bien que sonnant comme un appel de conscience envers le réchauffement climatique, les photographies de la performance démontrent l’absurdité du geste humain face à la puissance de la banquise qui ne se plie qu’aux lois du temps géologique.

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Julian Charrière, The Blue Fossil Entropic Stories, 2013, photographie, 100×150 centimètres, pièce unique, image extraite de Bugada&Cargnel.com. Crédits Julian Charrière

La remise en question de l’homme avec son environnement se réitère avec Polygon / Somewhere. Une série de photographies montrant des paysages désolés. Quelques images sont recouvertes d’étranges tâches. Julian Charrière a en fait réalisé ses images au Kazakhstan, dans une zone ayant servi de test nucléaire. Il a ensuite déposé du sable radioactif sur ses négatifs avant de les développer. Si ces paysages irradiés font de l’univers de la fiction une réalité scientifique, ils activent surtout une remise en cause du nucléaire.

Julian Charrière est un artiste qui, sous l’échelle du temps, arrive à traiter des questions environnementales et géopolitiques avec poésie et esthétique.planete-environnement-julian-charriere-cosmos-spheres-sciences

©ArtSphalte